jeudi 28 février 2013

Crise au Mali : un dommage collatéral, l'adoption internationale

La confusion qui règne au sein des institutions maliennes depuis le début de l¹année 2012 a eu un impact inattendu sur l¹adoption internationale.

Depuis plusieurs années, le Mali confiait des orphelins à des candidats à l¹adoption venus de France, d¹Espagne, d¹Italie, du Canada etc, en conformité avec la Convention de La Haye réglementant l¹adoption internationale, dans le respect du droit des enfants.

Or, en octobre 2012, l¹état malien cessait de manière unilatérale toutes les procédures d¹adoption internationale en cours. En cause : l¹application d¹un nouveau code de la famille limitant l'adoption des orphelins du pays aux seuls ressortissants maliens. Les postulants étrangers se sont donc vus notifier que leur candidature n'était plus valide. En conséquence, dans les pouponnières du pays, depuis trois mois, le nombre d'orphelins ne cesse de grossir.

Jusqu'en octobre dernier, étaient adoptables les enfants âgés de moins de cinq ans, abandonnés sans filiation connue et déclarés pupilles de l¹Etat. Généralement, les enfants étaient des bébés abandonnés à la naissance. Ceux qui étaient adoptés en international l'étaient, en majorité, par des foyers français. Ainsi, en 2011, 61 enfants du Mali ont été accueillis en France, 71 en 2010, 117 en 2009. Beaucoup d'enfants n'étaient jamais adoptés et restaient vivre en institution.Désormais, puisque l'adoption internationale est devenue illégale au Mali, ce sont encore plus enfants qui jamais ne vivront dans un foyer où ils sont pourtant très attendus, où amour et protection leur seraient offerts, dans le respect de leur culture de naissance. 


A la fin de l'année 2012, 81 dossiers de candidats français étaient en attente d'une adoption. Ces candidats (couples ou célibataires) avaient  été sélectionnés dans des commissions ad hoc réglementaires, datant de 2009, 2011 et 2012. Ils ont été informés de l'arrêt de leur procédure  par l¹AFA, l'Agence Française de l'Adoption, en décembre 2012. S¹achevait par un échec soudain et abrupt une procédure d¹adoption longue de plusieurs années. Mais la condition la plus dramatique est celle des orphelins du Mali. Dans la situation instable que vit actuellement le pays, d'un point de vue institutionnel, sécuritaire et humanitaire, il est peu probable que les orphelins trouvent un foyer au Mali. Les familles maliennes prêtes à les accueillir sont beaucoup moins nombreuses que des candidats étrangers. La situation des pouponnières est également très précaire. Elles parvenaient jusqu'à présent à tenir un budget à peu près décent, grâce en majorité, aux dons venant d'associations de parents adoptifs. Or, avec l'arrêt des adoptions internationales, cet apport financier va considérablement se réduire. 

C'est la survie même des orphelins qui est en jeu. Aussi, il n'est pas inutile de se souvenir que 81 foyers français, dont la candidature a été retenue par les autorités maliennes, sont prêts à accueillir un enfant orphelin du Mali. Les candidats que nous sommes, ne souhaitent pas remettre en cause la souveraineté de l¹Etat Malien. Au contraire, si nous avons choisi d¹orienter notre démarche d¹adoption vers ce pays, c'est que nous nous reconnaissons dans ses valeurs de démocratie, d¹ouverture et de tolérance. Pour autant, une procédure a été engagée entre l¹Etat malien et nous, et elle n¹a pas été menée à terme.

Au titre des excellentes relations entre la France et le Mali, nous souhaitons profondément que les autorités maliennes soutiennent l'engagement premier qu'elles ont pris à notre égard en sélectionnant notre demande d'adoption afin qu'un avenir plein d'affection et d'attention soit offert à ces enfants. Aussi, nous demandons au Président du Mali, Monsieur Diacounda Traoré de bien vouloir surseoir à l¹application du code de la Famille, afin de prolonger jusqu¹à son terme la procédure d¹adoption des candidats ayant été sélectionnés par les commissions 2009, 2010 et 2012. Nous ne pouvons qu'espérer que les adoptions internationales au Mali reprennent.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire